Les rêves de la main
de Jean-Luc Galvan et Renaud Verbois
1998, 52 min

A Millau en Aveyron, capitale du gant, les mains se content une histoire et dialoguent avec la matière, mais la rentabilité économique n’a que faire de ce rapport entre l’art et le travail.

Les rêves de la main, un documentaire où travail, matière et création se réconcilient. Dans ce film s’entrecroisent :

- l’histoire économique et sociale de la ganterie millavoise,

- l’aventure d’hommes et de femmes qui ont repris leur outil de production,

- la fabrication d’un gant,

- l’intimité du rapport de l’ouvrier gantier avec la matière,

- la symbolique de la main.

“Il était une fois la ganterie millavoise…”
C’est notre toile de fond, le contexte général du film, le support des différentes thématiques.

A travers le métier de gantier, peu connu du public, une histoire de gant où les gens travaillent de leurs mains, c’est l’occasion de rappeler très brièvement la symbolique de cette main à l’échelle du temps dans notre civilisation judéo-chrétienne.
L’épopée gantière millavoise a aussi une dimension collective qui puise ses racines dans la première moitié de ce siècle. Les protagonistes, par leurs témoignages, des archives filmées et photographiques, nous invitent à un petit flash-back, juste pour connaître, comprendre leurs choix, la réalité de leur métier et leur entreprise collective.
Ces séquences révèlent un passé très riche sur le plan de l’organisation sociale, de la vie mutualiste et de la place qu’occupait l’ouvrier dans la cité.

Au présent c’est la démonstration économique que les ouvriers sont capables de faire perdurer une entreprise en résistant aux délocalisations parce qu’ils ont choisi une autre voie : “ Travailler mieux et autrement, découpler revenu et quantité de travail”.
Au-delà du visible, dans l’inconscient des gantiers, “les rêveries de la volonté” invitent le travailleur à l’ouvrage dans l’intimité de sa relation à la matière.
C’est la façon “intello” de le dire. Mais les images, les sons et les phrases que nous avons choisis pour nous exprimer dans le film permettent à tout le monde de comprendre cette relation privilégiée qu’entretient le travailleur manuel avec la matière, avec son ouvrage.

Nous l’avons vérifié sur place à Millau auprès des ouvriers mégissiers. Notre propre expérience de travailleur manuel nous le confirme : ce plaisir dans le travail nous l’avons tous connu, il existe. L’inconscient est à fleur de conscient il n’y a pas besoin de fouiller très loin pour le faire émerger ni pour le faire comprendre et dans un second temps partager.
Bien sûr cette relation n’existe que dans certaines conditions et c’est là tout le propos du film. La dernière citation de Gaston Bachelard en est la synthèse :

“Quand une matière toujours neuve en sa résistance l’empêche de devenir machinal, le travail de nos mains redonne à notre corps, à nos énergies, à nos expressions aux mots mêmes de notre langage, des forces originelles. Enlever les rêves, vous assommez l’ouvrier. Négligez les puissances oniriques du travail, vous diminuez, vous anéantissez le travailleur. Chaque travail a son onirisme, chaque matière travaillée apporte ses rêveries intimes.” Les rêves de la main est une histoire de travail qui se termine bien car les héros du film incarnent un exemple positif qui prouve que théorie et pratique sont parfois sœurs jumelles.

Cette histoire de gantiers est aussi la nôtre, à nous tous. Pour nous, c’est toujours une des luttes fondamentales : garder la dimension humaine au travail.

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Diffusions :

Festival :
- 7/09/07 festival Rencontres... à la campagne

Diffusions télé : La Cinquième - France 3 sud - France 3


Co-production : Lapilli Films, France 3 Sud, La Cinquième
Partenaires : CNC / Ville de Millau / Ministère de la Culture /Ministère de l’emploi et de la solidarité/ Union Européenne (Media II) / Région Midi Pyrénées

Mots-clés :