L’ours reste dans les Pyrénées un animal de légende mi-homme mi-bête dont la
chasse symbolise encore aujourd’hui le rejet de l’animalité.
Les ancêtres ont tué l’ours et le voilà ressuscité….
Le film montre la peur de l’ours au sortir de l’hiver.
L’ours est profondément ancré dans l’imaginaire des gens de la montagne.
A Saint-Laurent-de-Cerdans, dans les Pyrénées Orientales, il n’y a plus de plantigrades depuis la fin du 19ème siècle mais on fête toujours l’ours le jour de mardi gras et du printemps.
Des hommes se couvrent de peaux de bêtes,
parodient la chasse à l’ours et la cohabitation de l’homme avec la bête.
Retour à la réalité dans les Pyrénées centrales, l’été, sur les estives où les plantigrades slovènes ont été réimplantés.
D’un bout à l’autre de la chaîne, mais surtout en Ariège les bergers s’affichent majoritairement contre l’ours. Un bras de fer s’est engagé entre l’Etat et les bergers.
Michel Estrémé, berger de père en fils, habite à Seintein, dans la vallée sauvage et escarpée du Biros, au-dessus de Saint-Girons. L’été, il part en transhumance sur l’estive du Trapech au pied du Mont Vallier. L’ours l’inquiète. Pendant que des randonnées sont organisées pour les touristes « au pays de l’ours », lui redoute les attaques.
A la table d’hôte du village tenue par sa femme, il confronte sa vision de la montagne avec celle des touristes.
Il ne veut pas devenir gardien du paysage « comme ses collègues espagnols ». Pour lui, comme pour beaucoup d’autres bergers, la réintroduction des ours pose la question du devenir économique, écologique, et, humain du massif pyrénéen en France et en Espagne.
Pascale Fossat est productrice à France Culture, originaire du piémont pyrénéen elle n’a pas une approche urbaine du problème de l’ours.